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Episode cévenol : L’interview de Paul Marquis

Tout savoir sur les épisodes cévenols avec Paul Marquis (expert météo)

Episode cévenol : Interview de Paul Marquis

Flo : Bonjour Paul, merci d'être avec nous sur Axone radio, Merci d'avoir accepté mon invitation. On va parler de ces épisodes cévenol et méditerranéen. Mais avant de parler de ces sujets-là. Je vous présente un petit peu plus, vous êtes expert météo de tout le pays.

Paul Marquis : Oui c’est ça !

Flo : Vous avez un site internet c’est e-meteoservice.fr et vous avez aussi une page Facebook. La page Facebook s'appelle la météo du 13. Vous êtes pas loin des 90 000 abonnés, c'est ça ?

Paul Marquis : Oui, du coup, j'ai franchi les 90 000, il y a à peu près 4 semaines c’est ça !

Flo : D'accord donc très joli chiffre en tout cas, n'hésitez pas, allez-vous abonner à la page Facebook de Paul. Donc je redis là le nom de la page, c'est la météo du 13 .Paul, j'aimerais en savoir un petit peu plus avant de débuter le sujet sur les épisodes cévenols et la Méditerranéens. Quand a débuté votre passion pour la météo ?

Paul Marquis : Alors en fait, ma passion ne date pas d’hier, ça fait bientôt maintenant 20 ans que je suis passionné. Tout a démarré du coup, c'était en l'année 2000 à Marseille un 19 septembre pour être exact. Et en fait, cette époque de l'année, il y a beaucoup d'ouvrages dit méditerranéen. On verra tout à l'heure à quoi ça correspond et en fait, ce jour-là, il y avait un orage assez destructeurs sur la ville de Marseille. Et en fait, c'est un orage qu'on appelle un orage en V, puisqu'il y a une forme de V au satellite, donc c’est un orage qui est stationnaire et qui avait duré 2 ou 3h du coup sur Marseille et qui avait inondé la ville puisqu'il était tombé entre 200 et 300 millimètres de pluie en 3h et malheureusement il y avait quasiment 1 mètre à 2 mètres d'eau dans les dans les rues. Il y avait eu 3 personnes décédées et moi qui est à l'époque un garçon de 10 ans, ben du coup ça un peu traumatisé. Et en fait de ce traumatismes là est née une passion puisque du coup, j'ai commencé à m'intéresser à ces phénomènes et j'ai voulu comprendre pourquoi il y avait des inondations. Pourquoi cette orage s'était formé à cet endroit-là et pas ailleurs ? Et en fait, cette passion est née en fait d’un traumatisme qui date d'il y a maintenant 20 ans.

Flo : D’accord. Et vous avez aussi une vraie passion pour la photo.

Paul Marquis : Oui, c'est vrai que souvent la passionné de météo sont aussi des passionnés de photo puisque moi je suis aussi chasseur d'orage. Donc concrètement en fait que scrutent le ciel du matin au soir et quand ils orage qui sont prévus, je suis amené à partir avec la voiture. Voilà enfin des fois des centaines de kilomètres pour traquer les orages, les filmer, il faut photographier. Ensuite mes photos, je partage avec mes mes collègues. Parfois c'est repris dans les médias, à la télévision ou dans les journaux, et bien sûr, chaque jour qui passe, le ciel est toujours différent. Donc souvent ils ont de belles photos à faire auprès du soleil ou bien quand il y a des tempêtes, il y a des photos des vagues à faire donc c'est vrai que c'est une passion qui est très en lien avec la météo. C'est vraiment j'aime autant la photo que la météo. Je suis passionné des deux en fait.

Flo : D'accord. On va venir maintenant directement sur sur le sujet de de l'émission. On va parler donc de ces phénomènes météo, de ces épisodes cévenols et Méditerranée, on va commencer par les épisodes cévenols. C'est un terme qu'on entend de plus en plus souvent maintenant dans les grands médias ou même sur Internet. C'est souvent un terme qui peut être mal employé. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut dire sur ces sur ces épisodes cévenols et comment se forment ils ? Quelle est vraiment là la caractéristique principale de de de ces épisodes ?

Paul Marquis : Ah oui, c'est vrai qu'en fait, on a souvent l'amalgame entre un épisode cévenols et méditerranéen, ce qui n'a rien à voir puisque quand je dis souvent dans les conférences, dans les écoles et en fait, vous êtes dit Cévenol, c’est peut-être dû à la typologie du mot en fait. Concrètement, ça se trouve dans les Cévennes. Donc le Cévennes, ça peut être autant le relief de l'Hérault, Bulgare de la rabaisse ou bien le Lozère ? Donc en fait ces épisodes peuvent se produire le plus généralement en automne entre mois de septembre et des fois jusqu’à décembre sur la zone justement donc des Cévennes et se produit parce qu’en été, la mer souvent se met à chauffer assez fortement, est arrivé à l'automne, on a des madères froides qui viennent du pôle Nord ou le fait de la Grande-Bretagne qui descendent sur la France. Et en fait, en venant se heurté à la mer qui est plus chaude, je crée des conflits de masses d'air. Donc en fait la mer va venir s'évaporer comme quand on cuit des pattes ben là c'est la même chose mais en version beaucoup plus importante donc la mer s'évapore. Il y a un front qui arrive, front froid, front chaud ça crée un conflit et ensuite les pluies viennent se bloquer, des fois pendant plusieurs heures pendant ou plusieurs jours sur les Cévennes. Donc souvent, on parle souvent du Gard, de l'Hérault mais l’année dernier, il y avait beaucoup inondations ici en Ardèche. Donc ça peut lui arriver sur ces coins là et en fait, c'est un blocage de relief et vraiment c'est conditionneur, c'est uniquement dans les Cévennes, sur les 4 départements que j’ai cités avant. Et c'est vrai qu’on parle pas de cévenole à Nice ou à Béziers, c'est vraiment uniquement sur le Gard, l'Hérault, l'Ardèche et donc du coup, c'est vrai que ces épisodes se produisent plus souvent en automne, mais on observe aujourd'hui qu’avec le changement climatique, on en a de plus en plus hors saison. C'est à dire qu'on peut en avoir des fois en plein hiver. Voir Des fois au printemps, c’est quasiment impossible, mais en tout cas on voit que là, maintenant, tout au long de l'année, on peut avoir des épisodes pluvieux important et dangereux alors qu'il y a eu trentaine d'années, c'est quand même moins le cas. Et c'est vrai que c'était plutôt en fin d'été et vraiment l'automne que c'était la saison de tous les dangers. Alors qu'aujourd'hui c'est vrai qu’il peut y avoir des inondations assez importante, même en plein hiver.

Flo : Ces épisodes-là se produisent en automne. Vous venez de l'évoquer heu… quand ils ont lieu hors automne, ils ont très souvent une intensité qui est moindre.

Paul Marquis : Ah oui, c'est vrai, puisque comme tout à l'heure, je disais, c'est la chaleur qui est le carburant de ces épisodes. Donc effectivement, quand ils se produisent parfois en hier, en général c'est ça crée plus d’inondations. Mais parfois on a eu le cas en avril, il y a quelques années. Je ne sais plus exactement la date ou il y a eu un épisode cévenols assez important sur le Gard. Et il y a eu des inondations ne plein mois d'avril. Et donc on voit que ça peut arriver, mais ça reste quand même extrêmement rare. C'est vrai que ce sont les épisodes cévenols, vraiment le danger, c'est entre septembre, octobre, novembre et des fois jusqu’à décembre.

Flo : Parlons maintenant des épisodes Méditerranéens. On retrouve un petit peu la même configuration en termes de formation de ces épisodes.

Paul Marquis : Alors oui effectivement Méditerranée comme son nom l'indique, ça concerne tout l'arc méditerranéen, donc ça peut aller de Béziers en passant par Montpellier, Marseille, Nice et même en passant par Toulon aussi, donc c'est tout l'arc méditerranéen et ils se produisent un peu dans la même configuration que les épisodes cévenols pardon. Et en fait, on peut avoir aussi toute l'Année, sauf en juillet, août, c'est quand même beaucoup plus rare. Mais aujourd'hui j'aime les méditerranéens peuvent se produire avec une violence importante aussi bien en automne qu'on printemps, et même des fois en été. Je me souvenir d'une date en tête, le 15 juin 2010 on a bien un épisode méditerranéen important sur le Var, les Alpes maritimes. Et qui avaient créés des inondations quasiment sans (…7min27…) et malheureusement, on voit que ces épisodes peuvent se produire toute l'année, mais ce qui est différent de même, cette cévenol, c'est que c'est beaucoup plus généralisé et ça peut vraiment concerner tous les appartements, concerne donc l’arc Méditerranéen et en général, c'est vraiment beaucoup plus généralisé. Il y a moins cette tendance a des des blocages. C'est plus des pluies en fait, qui se renouvelle sans cesse. Voilà et ça peut voilà arriver n'importe quoi sur ces départements.

Flo : J'ai une question que j'ai reçu par Maxime sur contact@axoneradio.com et d'ailleurs, c'est une question qui revient très souvent. On parle souvent de la température de la mer comme étant un vecteur très important. Pourtant, si on analyse les courbes de température de l'eau de mer, on s'aperçoit que les épisodes les plus importants ne sont pas forcément en corrélation avec les températures hautes de la mer est ce qu’une température de mer élevé est forcément synonyme d'épisodes violents ?

Paul Marquis : Alors non, effectivement ça, c'est une idée reçue qui d'ailleurs a beaucoup de mal à se résorber. C'est vrai qu'en fait la température de la mer n'est pas directement lié en fait à la survenue d'épisode. C'est à dire que si on regarde les données statistiques dans les 40 et 50 dernières années, on observe qu'environ la moitié des épisodes cévenols ou méditerranéen, pardon son produit dans un mer qui était chaude, mais l'autre moitié s'est produit avec une mer Méditerranée qui était parfois à 19 / 20°, donc c'est assez peu et donc effectivement en fait, c'est parce que la mer sera chaude qui aura plus d'épisodes, mais c'est parce qu'elle est chaude que potentiellement l'épisode sera plus intense et plus violent, mais on peut avoir des saisons comme il y a en 2017 ou 2016 ou la mer est chaude tout l'automne et il n'y a eu absolument aucun épisode méditerranéen mais par contre, si une synaptique se met en place favorable à cela et que la mer est chaude, là effectivement l’épisode pourrait être plus intense. Si la mer sera chaude que froide mais c'est pas parce qu’elle est chaude qu’il y aura plus d'épisode en fait. Il y a plusieurs différences entre les deux.

Flo : Une autre question de Joachim , Il vous pose la question suivante, il aimerait savoir s’il y a une ressemblance entre les épisodes cévenols et Méditerranéens et les moussons qui se produisent en Asie ? Est-ce qu'aujourd'hui on peut comparer ces phénomènes-là ?

Paul Marquis : Alors non, c'est pas comparable parce que la mousson, ça concerne des secteurs géographiques beaucoup plus importants que la Méditerranée. Même si les mécanismes sont pas forcément tout à fait les mêmes mais peuvent, y ressembler un petit peu après la mousson, ça dure plusieurs semaines sans interruption quasiment alors qu’un épisode méditerranéen ça dure, ça peut durer de quelques heures à plusieurs jours et pas une semaine, 2 semaines, ça c'est impossible. Ou alors il peut avoir plusieurs d’affilé, il a quand même des pauses entre chaque épisode, donc là mousson ça peut durer parfois vraiment plus en semaine. De la pluie sans discontinue alors que le méditerranéen c'est vrai que c'est quand même plutôt plus court dans la durée, moins étendue géographiquement. Et enfin c'est la différence entre les 2, entre les 2 types d’épisode ouais.

Flo : Est-ce que pour vous il y a une hausse notable des phénomènes extrêmes en France ?

Paul Marquis : Alors c'est une bonne question parce que on me la pose souvent, donc en fait c'est vrai que on peut avoir tendance à dire que oui puisqu’il y a une trentaine quarantaine d'années, on avait vraiment des saisons qui était marqué avec les hivers froids de la neige. Des étés chaud mais pas non plus caniculaire et les automnes marquées par la pluie. Alors qu'aujourd'hui c'est vrai qu'on a plus une météo en dents de scie avec plus d’extrêmes et ont remarqué que depuis 10 ans, on a des de sécheresse qui peuvent durer parfois une à 2 années. Et puis suivi d'un épisode pluvieux pendant plusieurs mois, alors qu'avant c'était plus lissé sur l'année. Aujourd'hui, c'est vrai que c'est vraiment des extrêmes en termes de test de sécheresse, de température. Et comme le réchauffement est une réalité aujourd'hui, on peut plus nier. C'est vrai qu'il y a aussi plusieurs tornades puisque les tornades peuvent se produire au conflit d’une masse d’air donc pareil, plus il fait chaud, plus il y aura un risque de tornade et ou toute la France, que ce soit dans le sud-est ou ou dans le Nord. C'est vrai que les orages sont de plus en plus violents, notamment sur la grêle, on a des chutes de grêle qui sont en augmentation par rapport à quelques années oui !

Flo : Il y a Remi toujours sur contact@axonoradio.com qui vous a posé la question suivante, et justement, vous avez anticipé la question. Il parlait des tornades et justement, il disait que, en France, on voyait de plus en plus de tornade de plus en plus sur les réseaux sociaux, dans les médias, on voit cette tornade qui se forme, un épisode cévenol méditerranéen. Clairement, c'est des gros orages, c'est de la pluie, c'est beaucoup de vent, mais ça peut être aussi des tornades qui peuvent générer des destructions assez colossal.

Paul Marquis : En fait, c'est vrai que c'est important quand même pour commencer, répondre à la question en fait, il y en a plus oui et non, puisque si on veut à l'époque en tout cas, il y a une vingtaine d'année, il n’y avait pas autant de de gens déjà qui regarde le ciel ou qui s'intéressaient forcément à ce genre de phénomène. Il n’y avait pas autant de smartphone pour prendre des photos ou de médias pour l'emporter alors qu'aujourd'hui c'est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui regardent qui qui commente, donc oui augmentation mais pas forcément aussi spectaculaire qu'on pourrait penser puisqu’il y a ce phénomène du fait que les gens maintenant ont des téléphones partout où ils vont donc on les voit plus, même s'il y en a un petit peu plus, c’est pas non plus marqué en fait. Voilà donc là c'est la première partie de la question et pour la 2e partie, oui, c'est vrai que les épisodes méditerranéens en général, génère plutôt des trombes marines. Les trombes Marine, la différence, c'est que c'est des tornades qui sont dans l'eau, qui sont souvent moins intense, non violentes. Mais il arrive assez régulièrement que ces trombes marines dégénèrent en tornade parce que du coup elle peut déborder sur une plage, rentrer dans la terre, ça arrive souvent, notamment sur le Var. On est plusieurs dizaines par ans et aussi on a une l’année dernière dans l'Hérault, une trombe Marine qui a dégénéré en tornade, qui a traversé même l'autoroute. Et donc c'est vrai que les méditerranéens c'est un peu tous les météos en un en fait, c'est des tornades, des trombes marines, des risques d’inondations, des risques de foudre, donc pas de neige bien sûr. Mais c'est vrai que c'est un peu le phénomène qui regroupe le plus de danger en termes de météo. Voilà.

Flo : Dans ces épisodes méditerranéens et cévenols, il y a aussi ce risque d’orage super cellulaire mais qui stagne en fait directement, qui peuvent stagner directement sur sur une période. Ces orages-là sont vraiment destructeur. Est-ce que vous pensez que dans l'avenir vous avez parlé tout à l'heure du changement climatique, est-ce que vous pensez que ces orages stationnaires seront de plus en plus fréquents ?

Paul Marquis : Alors déjà pour reprendre la question, il faut distinguer, déjà un orage super cellulaire l'air d'un ouvrage Méditerranée. En général dans un méditerranéen, il n’y a pas forcément super cellule ou voir même quasiment jamais. Du coup c’est des pluies stationnaires ou des orages. Un petit peu d’orage en V qui viennent stagner alors qu’un orage super cellulaire, ça se produit plutôt en configuration estivales ou printanières où là c'est matin. Concrètement, il fait beau, les nuages bourgeonnent et après il s'accumule, s'accumule et ça peut devenir des orages. Et parfois super cellulaire, mais c'est quand même plutôt le cas dans le nord de la France, dans le centre, dans le sud-ouest, dans nos régions, c'est quand même assez rare. Et donc c'est vrai que c'est pas forcément ce type d’orage qu'on trouve, qu'on trouve pardon dans les épisodes méditerranéen. Donc c'est vrai que je dirais j'ai oublié votre question.

Flo : Je vous pose la question donc sur les orages stationnaires.

Paul Marquis : Oui, voilà oui, donc c'est vrai que en fait, sa sonorité est due par 2 principes, donc déjà le premier principe c'est que quand une perturbation arrive en fait si elle arrive pas directement sur la région mais qu’elle stagne par exemple. Concrètement concernant les épisodes méditerranéens souvent c'est une dépression qui vient se positionner au large de l’Espagne ou bien large du Portugal et qui va affecter de l'air chaud par le le sud-ouest et la fin de l’air froid par le Nord. Et en fait la perturbation n'est pas à l'endroit précis, elle est plutôt en Espagne, mais ça génère de remontées instables et humide qui peuvent stationner en fait, et c'est une fois seulement que le front va circuler que la stationnarité va s'enlever, donc c'est vrai que le danger de cet épisode, c'est vraiment que le que le front stagnant assez loin de la France et du sud-est et envoie des remontées chaudes et instables qui peuvent générer des orages stationnaires pendant des fois plusieurs heures, ça peut arriver. C'est très difficilement prévisible et du coup c'est vrai que c'est le danger ces épisodes quand on a des convergence de vent. Une convergence, c’est des vents qui se rejoignent, de 2 directions différentes, donc souvent autour de la Méditerranée. On a des vents, euh, les convergences avec des vents de sud-ouest d'un côté, des vents de Sud-est de l'autre. Et au milieu s'est formé une ligne de convergence ou les orages vont venir en face, stationner pendant plusieurs heures sur le même endroit.

Flo : D'accord et est-ce que la Corse peut être affectée par les épisodes méditerranéens ?

Paul Marquis : Ah oui, bien sûr, parce que la cause se trouve en Méditerranée et donc était la Corse a été affecté plusieurs fois par an, comme l'arc (…16min45…), épisodes violents d'orage ainsi que de tornade. Être Marine assez régulièrement au même titre que nos départements oui.

Flo : Est-ce que vous pouvez, vous pouvez nous parler un petit peu de de votre métier, donc vous êtes expert en météo ? Comment vous établissez les prévisions météo à diverses échéances ?

Paul Marquis : Alors en fait, c'est vrai que j'ai une prévisionniste météo c'est un métier qui a beaucoup de de carte en fait. Tout d'abord, c'est un métier ou il faut avoir, j’aime le dire hein, un cerveau déjà c'est la base pour pouvoir réfléchir, analyser les cartes donc ça c'est le première chose. 2e chose bien sûr, du coup c'est les modèles météo. Tu as un modèle météo, c'est un une carte qui est générée par des algorithmes. Un algorithme c’est un calculateur qui prend les données en temps réel, qui va venir les calculer ou les mouliniers qu'on dit dans le jargon pour ressortir des cartes. Donc c'est des cartes qui vont s’animer toutes les heures ou toutes les 3h jusqu'à une semaine à l'avance. Et en fait ces cartes-là, il a plein de paramètres différents. Il y a autant les paramètres de vent que d'humidité, d'instabilité, de pression, et cetera. Et toutes ces cartes servent à établir une prévision, donc le prévisionniste comme moi va venir analyser ces cartes. Bien sûr, il y a différentes types de cartes, il y a différentes sources et des cartes aussi bien européennes que françaises, que anglaises, qu’américaines. Chaque modèle a ses particularités, donc y en a un qui sera bon pour la neige, qui sera meilleur pour les orages, un autre pour la pluie, et cetera. Et donc faut venir prendre la bonne carte pour la bonne situation, pour venir croiser les données. Interpréter les données, se tenir au courant des mises à jour parce que parfois ça peut changer les cartes en général sont mises à jour toutes les 4h en France ou toute les 6h selon le modèle et du coup le prévisionniste c'est un peu sa cuisine. Il va lier tout ça après retranscrit ça sous forme de texte qui l'envoie après, bah à ces clients, moi ça peut être autant de clients dans la météo, ça peut être les communautés de communes et les mairies, les pompiers… Du coup je suis expert météo pour les Bouches-du-Rhône. Ça peut et ça tombe aussi pour l'hiver ou tout ce qui tournage de film, et cetera et donc du coup en fait après ce qui prime, c'est vraiment de la fiabilité, la précision puisque là aujourd'hui on peut faire des prévisions justement quasiment heure par heure sur un lieu donné jusqu’à 3 / 4 jours à l'avance.

Flo : D'accord sur une épisode méditerranéen ou cévenol. J'imagine que c'est beaucoup plus difficile de prévoir en fait ce qui va se passer puisque je pense que les données changent assez souvent, et ce sont quand même des phénomènes qui sont assez imprévisibles.

Paul Marquis : Oui, oui, c'est vrai que quand on parle jamais des terres méditerranéens, souvent on sait qu’il va avoir un temps perturbé jusqu’à parfois ces jours-ci, 7 jours à l’avance. Après ça que pour les réglages qu'on appelle des réglages plus fins, là, effectivement, il faut attendre parfois 38 à 72 h avant et parfois au jour même, il y a toujours des surprises qui peuvent arriver puisque ces épisodes sont d'une complexité vraiment hors norme. Et donc on ne peut pas prévoir forcément que l'orage sur ville à telle heure, mais on peut dire qu'il y a tant de pourcentage de risque qu’il peut y avoir un stationnaire entre telle heure et telle heure. Mais c'est vrai que c'est l'épisode qui est très très difficiles à prévoir. Il faut vraiment faire du suivit en temps réel pour être sûr qu'il y en a pas un qui stationne pour les secours par exemple. Donc c'est vrai que c’est des épisodes qui sont très difficiles à prévoir et qui convient de surveiller comme le lait sur le feu pendant toute la durée de l'épisode.

Flo : Est-ce que à terme … Est-ce qu’à terme il pourra y avoir une évolution, justement de ces outils que vous utilisez, est ce que vous pensez que les prévisions météo à l'heure actuelle peuvent gagner en fait en en en détail et et surtout, est-ce qu'aujourd'hui vous pensez que dans l'avenir vous pourrez prévoir de manière plus précise, ce genre de phénomène ?

Paul Marquis : Ah oui, c'est vrai, tu as un modèle météo. Du coup, c'est souvent créé par par des villes ou les les pays pardon. Et c'est vrai que par exemple le plus connu, c'est le GFS Salaire global Forecast system, qui était le modèle américain. Et en fait ce modèle est mis à jour tous les 2 ans. Donc concrètement en fait. Là à peu près tous les 10 ans, on gagne enfaite un jour de prévision donc, dans les années 2000. Ce modèle, vous êtes des prévisions jusqu’à 5 jours aujourd'hui, c'est plus 7 jours quoi avec une bonne qualité donc on peut penser qu'avec l'évolution technologique et les mesures qui vont être de plus en plus fiables, on pourra avoir des modèles aussi de plus en plus fiable sur la durée mais par contre, ce qui est sûr, c'est que vous pouvez jamais savoir le temps précisément qu'il fera 30 jours à l'avance. Par contre ça je pense qu'on sera aussi bien dans plusieurs centaines d'années. Mais par contre effectivement on peut espérer que en 2050, qu’on puisse avoir de très bonnes prévisions jusqu’à 10 jours à l'avance par exemple et qu'on est toujours moins de surprise en météo même si bien sûr la météo exact. Mais parfois il y a les les horaires peuvent échapper aux mailles du filet et autre chose qui est intéressant de noter, c'est que y a plusieurs types de modèles, donc il y a le modèle dit à mailles larges. Donc à mailles large c’est qu’on verra un pays ou bien continent alors que les mailles plus fines, là on verra précisément un département, voire même on peut faire du villes par villes puisque le modèle performant actuellement en France, c'est le modèle qui s'appelle arôme, qui a une maille d'à peu près 1 km. Donc on peut voir que c'est très très précis et on sait ben parfois qu'il fera mauvais à Béziers, donc lui à côté sera un autre temps. Par exemple, c'est grâce à ce type de modèle qu'on peut savoir et voilà. On gagne en fiabilité à longueur de temps, on gagne aussi en précisions sur les prévisions.

Flo : Vous avez parlé tout à l'heure des conséquences de ces épisodes. vous avez parlé d'inondation. Vous avez parlé de pas mal de choses. Je voudrais avoir votre avis, est ce que vous pensez que l'urbanisation est un problème ?

Paul Marquis : Alors oui, c'est vrai pour répondre à cette question je pense qu'on peut que répondre oui puisque on l'a vu au fil du temps. Une bonne urbanisation galopante crée de gros problèmes par rapport à tout ce qui est ruissellement urbain. On l'a vu en 2015, il me semble. C'était en octobre, avec des orages stationnaires assez important sur la région d'Antibes et Canne qui avaient généré malheureusement pas mal de victimes et en fait ça par âge-là, concrètement s'est produit dans une zone campagne, il n'y aurait pas eu de problème d'accord. Mais quand ça s’est produit dans une zonz urbanisée. Toulon en fait a ruisselé et quand c’est des villes qui sont en pente tout à fait dans le garage, dans les caves et les gens sont malheureusement partis chercher la voiture, ce qu'il faut jamais faire en cas d’orage. Ils sont morts noyé dans la voiture malheureusement. Et donc c'est vrai que si on réfléchit différemment et qu'on construisait différemment, en pensant d'abord à laisser libre cours aux rivières et aux fleuves en laissant du champ pour éventuellement d’éventuels inondations, ou bien en créant des bains, des caniveaux plus importants, des bassins de rétention des eaux. On aurait moins ces problèmes alors que c’est vrai qu'aujourd'hui on a, on a un peu construit à n'importe comment. Des permis de construire toujours légaux ou bien délivrer un peu à titre mafieux, on va dire, puisque on devrait malheureusement bah des soucis qu'on voit aujourd'hui même dans les années antérieures et les années à venir, on aurait ces problèmes et si on fait pas sur des plans, il y a des plans qui existent mais les plans d'urbanisation et d’inondations. Des fois c'est pas respecté, il y a des fois il faudrait détruire des immeubles, ou détruire des maisons, mais c'est très compliqué. Judiciairement pardon en France, c'est très long et malheureusement la météo, elle, n'attend pas. Et donc c'est vrai que c'est un vrai problème en France, c'est l'urbanisation qui est fait un peu un peu bizarrement oui.

Flo : Est-ce que vous pensez que le système de vigilance en France, alors vigilance verte jaune orange rouge est ce que vous pensez que que ce système de vigilance peut être amélioré dans quelques années ?

Paul Marquis : Alors oui. D'ailleurs en parlant de ça, ils ont été, ils sont en train d'améliorer chez Météo France puisqu'ils ont sorti la carte des besoins avec une meilleure visibilité des prévisions et vigilance. Enormément à terme d'ici un an, il y aura des violences infra départemental, c'est à dire que en fait là, actuellement, la vigilance concernant un département. Mais on sait très bien un département, ça peut être vaste et par exemple, il y aura des inondations à Montpellier, alors qu’ailleurs dans le département, ce n'est pas du tout le cas. Du coup qu'ils vont faire, ils vont créer des vigilances plus fines qui concerneront en fait les secteurs découpés au préalable dans le département au moins qu'il y aura des cantons ou des des zones Inter du département et qui seront différenciés donc pour avoir le nord de l'Hérault qui sera en vert, le Sud qui sera en jaune et l'Est qui sera en rouge. Ça peut être possible. Après, à voir si c'est fiable, mais en tout cas c'est vrai que sur le type de vigilance, c’est vraiment ça qu'on demande puisque le département, vraiment, ça n'a rien à voir. Les Bouches-du-Rhône par exemple, entre la Camargue à Marseille, le temps, on a vraiment strictement rien à voir. Et quand il pleut à Marseille, il pleut pas en Camargue et inversement. Donc là on voit que ça aura sûrement une grande utilité. Eh oui c'est vrai que le système de vigilances ne peut que s'améliorer puisqu'il a que 20 ans. En fait, ce qui a été créé après tempête de 99 qui me semble être Lothar et Martin et il a été améliorée puisqu'ils ont rajouté par la suite la vigilance submersion suite à la tempête Klaus et Cynthia je sais plus et du coup, c'est vrai que c'est les systèmes qui pourront que s'améliorer à l'avenir et on pourra aussi peut être réfléchir à mettre en place un système de Broadcasting c’est-à-dire d’alerter la population par SMS ou bien par téléphone. C’est vrai qu’aujourd’hui les vigilances sont pas forcément visibles par tous ou sont mis un peu trop en retard et pas toujours réactive. Donc c’est vrai que si on s’appuyait sur le modèle américain qui eux ont des outils très avancés : des alertes radios, télévisions, téléphone, SMS. Alors c'est vrai qu'en France on n'est pas du tout à ce niveau-là pour l'instant, donc on ne peut que s'améliorer sur ce point.

Flo : Cette émission, qui est consacré donc aux épisodes cévenols et Méditerranée. Vous avez apporté pas mal de d'éléments et de réponses mais pour en savoir plus sur sur ces épisodes-là. Je voudrais quand même vous poser une question sur un phénomène qui est quand même moins connu, on entend, on entend moins parler, C'est ce qu'on appelle les médicanes. Alors les médicannes, , c'est vous allez nous expliquer ce que c'est, mais c'est un phénomène météo donc qui apparaît en Méditerranée. Vous pouvez nous en dire plus sur ce phénomène-là ?

Paul Marquis : Ah oui, c'est vrai que les médicanes sont des phénomènes qui sont très peu connus du grand public puisque souvent on fait un peu l'amalgame avec les ouragans. Donc en fait un médicanne la définition ou bien ça TMS c’est tempête tropical Stone ou bien cyclone méditerranéen. Donc en fait c'est de petits d'ouragans, pas mini puisque mini ça veut dire. C’est les petits ouragans qui se forme du coup en Méditerranée et qui peut affecter aussi bien. Bah la Grèce que la Corse, Italie ou parfois des fois le sud-est de là de la France. Et en fait il se forme là concrètement uniquement avec une mer qui est très chaude donc il faut moins que la mer Méditerranée soit entre 27 et 30°. De plus en plus souvent au cours de l'été ou bien en fin d’été ou à l'automne. Et en fait, qui se forment un peu aléatoirement, c'est assez complexe la formation de ces épisodes, on comprend pas bien pourquoi ça s’est remis ni comment, mais on a observé plus en plus au fil des années le dernier en date remonte aux années 2014 2015 sur le Var, les Bouches-du-Rhône. Et il y a 3 ans, il a eu un très gros sur là sur la Grèce parce qu'on a vu des vents jusqu’à 180 km.

Flo : Ah oui, d'accord.

Paul Marquis : Donc c’est un ouragan très important qui a généré des vagues je crois jusqu’à 4 ou 5 mètres de hauteur donc c'est vraiment une vague géante. Et c’est vrai que ces phénomènes vont être amenés à se renouveler et se multiplier avec le réchauffement climatique et peut être qu'on arrivera à mieux les comprendre et à mieux les anticiper. C'est vrai qu'aujourd'hui on peut pas prévoir un médicanne plus de 2 /3 jours à l'avance, grand maximum. Tu vois c'est très très compliqué à prévoir et même les modèles météo même ont du mal à appréhender ce type de phénomène. Concrètement, c'est un petit ouragan avec des vents entre jusqu’à 130 voir jusqu’à 200 km heure ça peut arriver. Qui génère beaucoup de pluie, beaucoup de vents, mais c'est quand même un phénomène qui est assez peu orageux en fait, donc c'est été plus dangereux par rapport aux vents et aux pluies tout près des côtes plus que j'enrage en fait.

Flo : Quand vous dites c'est un petit ouragan, c'est à dire que c'est une dépression qui tourne autour d'un œil en fait ?

Paul Marquis : Oui, en fait, ce qui différencie des pressions d'un ouragan, en fait, c'est le, c'est le fait que le cœur soit chaud…

Flo : D’accord.

Paul Marquis : C'est à dire qu'une des pressions, souvent sur un cœur plus frais ou plus froid alors que voilà un ouragan c’est un cœur chaud. Donc il s'alimente uniquement avec l'évaporation de la mer, donc la chaleur de la mer ou d'un océan et du coup en méditerrané quand elle est chaude elle peut former ce type de phénomène.

Flo : On parlait justement là à l’instant, on a évoqué le terme des ouragans. L'année dernière, on a quand même constaté, que certains ouragans, se sont approchés des portes de l'Europe, avec des trajectoires assez particulières heu … est ce que vous pensez qu'à terme l'Europe pourra être un continent qui sera frappé par par des ouragans ?

Paul Marquis : Ah oui, c'est vrai qu'on a, on a constaté il y a 2 ans, il me semble quand un ouragan a frôlé même toucher le Portugal et et le nord-ouest de la France. C’est vrai que ces deux semaines sont totalement nouvelles. Il y a une dizaine vingtaine d'années, il n'y a pas du tout ce genre de risque ça. Alors qu’aujourd'hui, avec le fait que la mer, les océans soit de plus en plus chaud, ils peuvent être amenés à à propager plus loin ou plus longtemps les ouragans qui se forment habituellement en sortie d'Afrique et qui ont plutôt tendance à s'évacuer vers l'Amérique. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, ben concrètement là, je crois qu'il me dit que c'est une réalité, il s'accélère d’année en année. On a vu l'année dernière avec la canicule totalement hallucinante de la fin juin. Température jamais vu en France avec jusqu’à 46,7° sur l'Hérault et jusqu’à 45° dans les bouches du Rhône. Donc je ne pense pas que c'était possible aussi tôt dans dans le siècle donc on peut voir qu'effectivement le réchauffement non seulement ne s’est pas arrêté mais en plus il accélère de manière exponentielle. C'est à dire qu'il accélère de plus en plus vite et heu… effectivement, on peut penser que dans peut être une dizaine d'années, il y aura forcément des ouragans qui pourraient toucher la façade ouest du pays voire la Bretagne. Quand dit Bretagne ouragans c’est quoi tout hallucinant et pourtant ça pourrait arriver plus vite qu’on ne le pense. Et c’est vrai qu'aujourd'hui on va un peu dans l'inconnue et heu… c’est un peu le désespoir mais heu… c’est le point de non-retour en tout cas seulement a déjà été atteint puisque la pollution est une grande inertie. Ça veut dire que si on arrêtait de polluer, maintenant, les conséquences se feraient ressentir encore pendant une bonne quinzaine d'années. Donc on voit que c'est un peu tard pour tout arrêter, réduire les émissions de CO2, c'est possible, mais en tout cas les conséquences vont être vraiment très importante et assez catastrophique, malheureusement, dans les années qui viennent.

Flo : Pour ce pour cette année, est ce que pour revenir sur les épisodes cévenols méditerranéens, est ce qu’on a des signes qui peuvent qui peuvent déjà nous nous donner une tendance pour een pour heu pour heu… La fin de l'été cette année ?

Paul Marquis : Alors là c'est vrai que c'est plus le domaine de la voyance puisque on est qu'en juin. Et c’est vrai que les tendances saisonnières, c'est très compliqué. Mon avis pour ce mois de juin qui s'annonce qui s'annonçait chaud et sec mais au final, c'est tout l'inverse. La mauvaise saison à retourner leur veste de la dernière minute donc effectivement on ne pourra pas dire s'il y aura beaucoup de bien été ramené à l'automne ou pas. Tout ce qu'on sait, c'est que c'est la saison ou il peut y avoir le plus, ou c'est plus dangereux. Il faut être vigilant par rapport à ça, mais après dire aujourdui la fréquence si on a, si on n’a pas, c'est vraiment, on va dire impossible en fait. Là je ne sais pas vous répondre à cette question.

Flo : C'est compliqué, on va voir comment ça se passe l'été. Et puis après on verra En tout cas, ben écoutez, merci beaucoup Paul. Je rappelle donc on on vous retrouve donc sur la page Facebook La météo du 13 donc n'hésitez pas à vous abonner et vous aurez toutes les infos traitées sérieusement et on vous retrouve aussi sur le site E-météo service.fr? c'était un véritable plaisir de vous avoir Paul dans cette émission.

Paul Marquis : Oui, mais pour moi aussi, c'était un plaisir de répondre à vos questions et j'espère que les auditeurs vont en apprendre plus sur les phénomènes météo.

Flo : En tout cas c'est le but.

Paul Marquis : Super !

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